Les Iles Gambier, un Musée d'Histoire pour l'Océanie

Iles Gambier
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Découverte de croquis dans le reliquaire des grands chefs (Akariki)

trouvé par Matéo Pakaiti à l'entrée de la grotte sacrée de l'archipel, dans sa propriété

 

En visite touristique aux Iles Gambier en 2006, Claire de Pérignon s’est intéressée, au-delà des nombreux vestiges de l’époque missionnaire, à ceux pouvant indiquer la main de l’homme à l’époque lointaine : pyramide de Temoe, constructions immergées à marée haute, géants de pierre aux sommets des montagnes, tiki renversés, silos à popoi, trous du soleil, montagne sacrée d’Agakauitai en forme de gorille, toutes ces constructions mégalithiques relevant d’un tapu ancien, sacrées, devenues taboues, interdites, voir « dangereuses » à s’y intéresser.

Venant de passer par l’Ile de Pâques, elle revenait aux Iles Gambier en décembre 2011 pour monter en haut d’Akamaru ; un ami mangarévien, Mateo Pakaiti, pensa à lui montrer les quelques bouts de tapa qu’il avait pris la précaution de conserver chez lui après le passage de l’équipe d’archéologues dirigée par Michel Orliac dans la grotte funéraire de ses ancêtres en 2001.

Un To’o : La présence de bouts de cordelettes, et surtout celle d’un morceau de bois d’une trentaine de centimètres, firent comprendre aux spécialistes que ces vestiges étaient ceux du To’o du dernier Akariki, le reliquaire sacré des grands chefs, bien connu aux Iles de La Société. La présence de plumes rouges au milieu des reliques, à l’intérieur du To’o, symbolisait le mana (la Sagesse) et assurait le Peuple de la protection des ancêtres.

La découverte, l’image connue de Ta’aroa (Ta ngaroa aux Iles Gambier)


Au milieu des décombres de ce To’o se trouvait un véritable livre d'images.

L’étude de ce carnet d’images indique qu’il date des années missionnaires qui, aux Iles Gambier, correspondent à l’arrivée des Pères catholiques de la congrégation de Picpus en Août 1834, congrégation reconnaissable à ses deux cœurs toujours associés de Marie et de Jésus, que nous retrouvons insérés à l’intérieur de deux alignements. Le dernier grand chef, l’Akariki Maputeoa, descendant de l’ancêtre « mythique » Ta’garoa, devenu roi en 1836, une fois baptisé, pensa donc à conserver son To’o, l’objet le plus symbolique de la civilisation ancienne. Il y rangea un livret d’images alors que le tatouage devenait interdit et que tout objet disant l’histoire ancienne était systématiquement détruit. C’est en reconnaissant la figure symbolique de Make-Make (Ta’garoa) sur le premier feuillet plié avec finesse sur son axe de symétrie, que Claire de Pérignon jugea bon de ne poursuivre l’ouverture des autres feuillets qu’en présence du maire de l’archipel, Tavana Monique Richeton.

Une étude plus approfondie va révéler que les Océaniens passèrent il y a 200 ans, d'un culte rendu à des ancêtres descendant d'un œuf (Ta’aroa ou Make-Make à l’Ile de Pâques) à un culte rendu à un Dieu plein de mystère qui créa l'homme et la femme d'un coup de baguette magique... Darwin, à cette même époque, allait défendre son idée que l'homme descendait du singe, et plus tard, la science allait démontrer que l'homme descendait bien d’un « œuf » (cellule féconde) !

 

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